LFILO2202 : Agenda

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21 septembre : pas de cours !

Désolé, je suis à l’étranger pendant notre première semaine. On se voit pour la première fois le 28.

28 septembre : Qu’est-ce que la bioéthique ? Quelles théories générales pourrons-nous utiliser afin de prendre des décisions éthiques ?

Quelles sont les relations entre la bioéthique, l’éthique médicale, l’éthique appliquée, et l’éthique normative ? Comment comprendre le statut de la bioéthique, en tant qu’une discipline positionnée (paradoxalement ?) entre la pratique médicale et scientifique et la philosophie ?

Lecture

  • Saint-Arnaud (1999), « Qu’est-ce que la bioéthique ? »
  • Keeling et Bellefleur (2016), « Le « principisme » et les cadres de référence en matière d’éthique en santé publique »
  • Benaroyo (2010), « L’émergence de la bioéthique » (facultatif)
  • Beauchamp and Childress (2013), ch. 1, “Moral Foundations” (facultatif, mais fortement recommandé pour les fondements du principisme)
  • Tong (2002), “Teaching Bioethics in the New Millennium” (facultatif, mais recommandé pour une critique très fort du principisme)

5 octobre : Qu’est-ce que la santé ? La maladie ? La pathologie ?

Le cible de la médecine est la santé ou la guérison. Mais au moins depuis le travail de Georges Canguilhem, on se rend compte que ces buts nécessitent une définition d’en quoi consiste exactement la santé, la maladie, la normalité, ou la pathologie. Comment peut-on définir ces notions, prenant en compte les souhaits et la perspective des patients ?

Lecture

  • Wakefield (1992), « Le concept de trouble mental »
  • Boorse (1977), « Le concept théorique de santé » (facultatif, mais recommandé pour l’argument contre Wakefield)
  • Hesslow (1993), « Avons-nous besoin d’un concept de maladie ? » (facultatif)

12 octobre : Confidentialité, divulgation, paternalisme

Les médecins confrontent quotidiennement des questions de confidentialité et divulgation. Doit-on dire la vérité toujours aux patients ? L’entière vérité ? Quand devrait-on divulguer des renseignements aux tiers, et comment ? C’est clair que le médecin a de la connaissance spécialiste (c’est pourquoi le patient·e lui consulte), mais dans quelles circonstances devrait-on donner le dernier mot au médecin ?

Lecture

  • Jaunait (2003), « Comment peut-on être paternaliste ? »
  • Études de cas :
    • Divulgation des renseignements médicaux (Constantine, Collège Royal)
    • Dire la vérité au patient (Callanan, Collège Royal)
    • Le signalement de patients pouvant causer préjudice à autrui (sécurité publique) (McRae, Collège Royal)

19 octobre : Autonomie, consentement éclairé, compétence des patients, et euthanasie

Comment les patients peuvent-ils comprendre assez de détails sur leur condition et traitement afin d’offrir un consentement éclairé, s’ils ne sont pas de docteurs ? Comment assurer qu’ils réfléchissent sur les options et ne pas tout simplement accepter ce qu’est leur dit ? Comment prendre en compte les directives anticipées en fin de vie, y compris la question de l’euthanasie ?

Lecture

  • Beauchamp et Childress (2007), ch. 3, « Le respect de l’autonomie » (extrait)
  • Saint-Arnaud (1999), « L’euthanasie : des équivoques à dissiper »
  • Mortier (2003), « Directives anticipées : origines, utilité, fondements et controverses » (facultatif)
  • Études de cas :
    • Capacité de décision (Charland et Lachmann, Collège Royal)
    • L’avortement et la capacité à consentir (Sobsey et al., Collège Royal)
    • Rapport 2018-2019 sur l’euthanasie en Belgique (Institut Européen de bioéthique)

26 octobre : Le handicap et la philosophie de disability

Qu’est-ce qu’on fait quand la médecine ne peut pas cibler la guérison totale d’un·e patient·e ? Dans les cas de l’handicap ou la maladie chronique, on doit repenser les fondements de la médicine afin de

Lecture

  • Moyse (2010), « Le concept de personne dans le champ du handicap »
  • Marin (2010), « La maladie chronique ou le temps douloureux »
  • Fins (2023), “The complicated legacy of Terry Wallis and his brain injury” (facultatif mais recommandé)
  • Terzi (2004), “The social model of disability: a philosophical critique” (facultatif)
  • Wendell (2001), “Unhealthy disabled: treating chronic illnesses as disabilities” (facultatif)

2 novembre : Conférencier externe (Pierre Walckiers) : L’éthique de la science prise de décision politique

9 novembre : La distribution des ressources de santé et la justice sociale

Les services de santé sont évidemment une ressource rare : ce n’est pas le cas, en général, que chaque personne qui en est éligible peut obtenir n’importe quel traitement de n’importe quelle maladie qu’ils ont, quoi que soient les coûts. Comment distribuer ces ressources ? Comment exprimer en pratique le droit à une qualité de soins basique ?

Lecture

  • Pelluchon (2009), « Justice distributive et solidarité » (extrait)
  • de Kervasdoué (2010), « Économie et gestion de la santé : l’argent des autres » (facultatif)
  • Saint-Arnaud (1999), « L’egalité d’accès aux soins en situation de rareté » (facultatif)
  • de Singly (2010), « Le « soin juste » sous contrainte économique à l’hôpital » (facultatif)
  • Études de cas :
    • Délais d’attente (Clarke, Collège Royal)

16 novembre : Éthique de la recherche et la production des nouveaux médicaments

Comment les nouveaux médicaments arrivent-ils sur la marche ? Quelles obligations éthiques trouve-t-on dans le processus de la recherche biomédicale ? Comment évaluer le système d’essais cliniques contemporain ?

Lecture

  • Dumitru et Leplège (2010), « La course aux brevets dans la médecine personnalisée : une étude de cas »
  • Mary (2021), « Essais cliniques : l’éthique face à l’innovation »
  • Mirowski (2012), “The modern commercialization of science is a passel of Ponzi schemes” (facultatif, mais fortement recommandé)
  • Halioua (2010), « Du procès au Code de Nuremberg : principes de l’éthique biomédicale » (facultatif)

23 novembre : Cours accéléré : la génétique, les cellules souches, le clonage, l’édition génétique, etc.

On terminera notre cours avec quelques semaines de discussion des impacts éthiques des nouvelles biotechnologies. Tout d’abord, il faut être en mesure de discuter les fondements biologiques de l’ADN et les techniques laboratoires qui nous permettent (au moins éventuellement) d’améliorer nos traitements médicaux.

Lecture

30 novembre : Édition génétique chez l’être humain : thérapie, amélioration, et eugénisme

Bien que la possibilité de la thérapie génique soit déjà une réalité pour quelques maladies, des nouvelles techniques comme le CRISPR-Cas9 promettent d’étendre l’ampleur et la fréquence d’utilisation de ces techniques. Quels enjeux éthiques sont soulevés ? Y aura-t-il la possibilité d’un nouvel eugénisme génétique ?

Lecture

  • Hirsch (2018), « CRISPR : lorsque modifier le génome devient possible »
  • Morange (2001), « L’eugénisme aujourd’hui »
  • Goffette et Jacobi (2006), « Discours eugéniste d’hier et discours “eugéniste” d’aujourd’hui : les limites d’une comparaison » (facultatif)
  • Briard (2010), « Approche éthique de la génétique » (facultatif)
  • Études de cas :
    • La recherche sur les thérapies géniques et les droits des enfants (Samuël et Tremblay, Collège Royal)

7 décembre : Clonage

Il y a déjà presque 25 ans que le premier mouton (et premier mammifère), « Dolly », était cloné. Pour autant que l’on ne soit pas beaucoup plus proche au clonage humain, les mêmes techniques sont utilisées dans la médecine reproductive et d’autres parties de la thérapie génique.

Lecture

  • Brock (1997), “Cloning human beings: an assessment of the ethical issues pro and con”
  • Atlan (2002), « De la biologie à l’éthique : Le « clonage » thérapeutique »
  • Jouneau et Renard (2002), « Cellules souches embryonnaires et clonage thérapeutique » (facultatif, très technique)
  • Études de cas :
    • Le clonage humain (Isasi et Shukairy, Collège Royal)

14 décembre : La biologie synthétique, organismes transgéniques, et organoïdes

Tout à la frontière de la recherche biologique, les chercheurs essaient de produire nouveaux systèmes biologiques, afin de reproduire des comportements plus complexes in vitro et de comprendre les processus cellulaires en leur construisant. Quels sont les problèmes éthiques soulevés par des cellules, organes, ou même la vie « artificielle » ?

Lecture

  • Flocco (2018), « Points de vue éthiques sur la biologie de synthèse : la « marche du progrès » en question »
  • Comité d’éthique de l’Inserm (2020), « La recherche sur les organoïdes : quels enjeux éthiques ? »
  • Rozenbaum (2019), « Organoïdes : quelle place dans la recherche de demain ? »

21 décembre : Thérapie, amélioration, et transhumanisme

L’amélioration du corps ou de l’esprit humain (“human enhancement”) se trouve comme un cousin gênant de la pratique médicale. D’un côté, la médecine fait déjà des pratiques qui semble « améliorer » l’être humain (vaccins, lunettes), meme si à ses limites, le transhumanisme cherche dépasser totalement les bornes de la médecine traditionnelle. Qu’est-ce que la distinction entre thérapie et amélioration ? Quels problèmes éthiques suivront des éventuelles améliorations des êtres humains ?

Lecture

  • Baertschi (2011), « Qu’est-ce qu’une véritable amélioration ? »
  • Hottois (2018), « Bioéthique, technosciences et transhumanisme »
  • McGee (2020), “Using the therapy and enhancement distinction in law and policy” (facultatif)
  • Goffi (2017), « Transhumanisme » (facultatif)